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    Question d'oral

    Actualité : l’IA (recrutement, scoring, planification) crée-t-elle de nouveaux risques de discrimination et comment le droit peut-il les traiter ?

    Réponse d'oral

    L’IA dans le recrutement, le scoring et la planification crée de nouveaux risques de discrimination, que le droit du travail peut traiter en encadrant les outils et en permettant de contester leurs décisions. Le danger vient notamment des données utilisées. Un logiciel entraîné sur les recrutements passés peut reproduire les préférences anciennes de l’entreprise. En 2018, Amazon a ainsi abandonné un outil expérimental de recrutement qui défavorisait les candidatures féminines. Même sans utiliser directement le sexe ou l’origine, une IA peut produire une discrimination indirecte : un critère apparemment neutre, comme la disponibilité permanente, peut désavantager particulièrement certaines catégories de salariés.
    Le droit ne part pas de zéro. L’interdiction des discriminations s’applique, que la décision soit prise par un responsable ou proposée par un algorithme. L’employeur reste responsable : il ne peut pas simplement répondre que « la machine a choisi ». En cas de litige, le candidat ou le salarié présente des éléments laissant supposer une discrimination ; l’employeur doit alors justifier sa décision par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le RGPD encadre aussi les décisions exclusivement automatisées ayant des effets importants sur une personne, avec des exceptions et des garanties.
    L’enjeu est donc de rendre ces outils contrôlables : vérifier les données, tester les résultats, informer les personnes concernées et assurer un contrôle humain réel. Le règlement européen sur l’IA classe notamment certains systèmes de recrutement et de gestion des salariés parmi les systèmes à haut risque. La question devient alors : comment profiter de l’efficacité de l’IA sans transformer le salarié en simple note ?