Retour à la fiche
    Question d'oral

    La starchitecture est-elle l'équivalent du star-system dans le cinéma ?

    Réponse d'oral

    La starchitecture est bien l’équivalent du star-system dans le cinéma : elle transforme certains architectes en célébrités dont le nom suffit à attirer l’attention et les investissements. Comme une vedette peut aider à financer un film, la signature de Frank Gehry ou de Zaha Hadid peut convaincre une ville de lancer un grand projet. Le bâtiment devient alors plus qu’un lieu utile : c’est une image reconnaissable, destinée à circuler dans les médias et à attirer des visiteurs. Le prix Pritzker, créé en 1979, contribue à cette reconnaissance internationale, un peu comme les grandes récompenses du cinéma.
    Cette logique prolonge, sans s’y confondre, le goût du postmodernisme pour les signes et les références. Dans les années 1970-1990, les façades retrouvent couleurs, ornements et clins d’œil historiques. Le déconstructivisme rend ensuite certaines silhouettes particulièrement spectaculaires. Le musée Guggenheim de Bilbao, inauguré en 1997 et conçu par Gehry, illustre ce basculement : ses volumes courbes recouverts de titane deviennent l’emblème de la ville. C’est l’effet Bilbao, l’espoir qu’un monument prestigieux stimule le tourisme et transforme l’image d’un territoire. Mais ce succès dépend aussi des transports, des équipements et d’une politique urbaine plus large.
    La comparaison a donc ses limites. Un bâtiment n’est pas un film que l’on choisit de regarder : il s’impose durablement dans l’espace quotidien. Derrière la signature célèbre travaillent aussi des équipes souvent invisibles. L’enjeu est alors de savoir si l’architecture doit surtout faire rayonner une ville ou rendre la vie de ses habitants meilleure.