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Question d'oral
L'ère des icônes est-elle terminée ?
Réponse d'oral
L’ère des icônes architecturales n’est pas terminée, mais le modèle de l’architecture-spectacle est de plus en plus contesté. Depuis les années 1970, le postmodernisme a remis à l’honneur l’ornement, les références historiques et les symboles, contre une architecture jugée trop uniforme. Le Portland Building de Michael Graves, inauguré en 1982, affiche ainsi des couleurs et des pilastres géants. Puis le déconstructivisme a multiplié les volumes fragmentés et les formes déstabilisantes. Ces courants ne se confondent pas avec la starchitecture, mais ils ont contribué à faire du bâtiment une image immédiatement reconnaissable.Le musée Guggenheim de Bilbao, ouvert en 1997 et conçu par Frank Gehry, incarne cette logique. Ses courbes de titane sont devenues l’emblème de la ville. L’effet Bilbao nourrit alors un espoir : un bâtiment spectaculaire signé par une célébrité pourrait attirer les touristes et relancer une économie locale. Pourtant, le musée n’a pas transformé Bilbao à lui seul. Il s’inscrit dans une politique plus large de rénovation urbaine et de développement des transports. Copier sa silhouette ne suffit donc pas à reproduire sa réussite.Aujourd’hui, l’urgence climatique, le coût des chantiers et les besoins de logement rendent cette course au prestige moins évidente. Le prix Pritzker attribué en 2021 à Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal signale une autre ambition : transformer plutôt que démolir, améliorer l’existant et privilégier les habitants. Les icônes continuent d’être construites, mais leur légitimité dépend davantage de leur utilité et de leur impact environnemental. Et si l’architecture remarquable de demain était celle qui améliore la vie sans chercher à dominer le paysage ?
