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    Question d'oral

    Que prévoit la loi de 2004 sur la laïcité à l'école et quelles affaires l'ont suivie (Creil, abaya) ?

    Réponse d'oral

    La loi du 15 mars 2004 sur la laïcité à l’école interdit aux élèves des écoles, collèges et lycées publics de porter des signes ou des tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. Elle concerne notamment le voile islamique, la kippa et les grandes croix, mais autorise les signes religieux discrets. Elle ne s’applique pas aux étudiants à l’université. Son objectif est de préserver un cadre scolaire commun tout en respectant la liberté de conscience : chacun peut croire ou ne pas croire. Avant toute procédure disciplinaire, la loi impose un dialogue avec l’élève.
    Attention à la chronologie : l’affaire de Creil précède cette loi. En septembre 1989, trois collégiennes sont écartées des cours parce qu’elles refusent d’enlever leur foulard. Le Conseil d’État estime alors que le port d’un signe religieux n’est pas, en lui-même, incompatible avec la laïcité, sauf notamment en cas de pression ou de perturbation des enseignements. Les conflits se multiplient ensuite. En 2003, la commission Stasi recommande une interdiction législative, adoptée l’année suivante.
    L’abaya relance le débat en 2023. Une note ministérielle du 31 août interdit à l’école publique cette longue robe, ainsi que le qamis, considérés comme manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans le contexte scolaire. Le Conseil d’État refuse d’abord de suspendre cette interdiction, puis la confirme sur le fond en septembre 2024. La difficulté demeure : comment faire respecter une règle commune sans réduire un élève à sa tenue ou à sa religion supposée ?