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    Question d'oral

    Faut-il sélectionner à l'entrée de l'université ?

    Réponse d'oral

    Sélectionner à l’entrée de l’université peut se justifier lorsque les places manquent, mais une sélection généralisée risquerait d’aggraver les inégalités sans résoudre les difficultés de l’enseignement supérieur. L’université remplit une double mission : former des professionnels et permettre au plus grand nombre d’accéder au savoir. Dans un pays qui accueille environ 3 millions d’étudiants, contre 300 000 en 1960, elle ne peut pas fonctionner comme une grande école. Le baccalauréat ouvre en principe l’accès aux études universitaires, mais il ne garantit ni une place dans la formation souhaitée ni la réussite.
    L’argument favorable à la sélection mérite pourtant d’être entendu. Accueillir des étudiants sans les moyens de les accompagner peut conduire à une liberté assez trompeuse : celle de s’inscrire, puis d’échouer. Depuis 2018, Parcoursup organise les candidatures et permet notamment de classer les dossiers dans les licences où les demandes dépassent les capacités d’accueil. Mais choisir selon les notes ne mesure pas seulement le travail ou les aptitudes. Cela reflète aussi les écarts entre lycées, les ressources familiales et l’accès à l’information. La sélection peut donc transformer des inégalités scolaires en exclusions durables.
    La meilleure réponse serait de privilégier une orientation accompagnée, plutôt qu’un tri précoce et définitif. Par exemple, un étudiant fragile en mathématiques peut bénéficier d’un parcours « oui-si », avec une remise à niveau, plutôt que d’être écarté d’une licence scientifique. Cela suppose des enseignants, du tutorat et des passerelles réellement accessibles. L’enjeu n’est-il pas finalement de donner à chacun une chance sérieuse de réussir, plutôt que la seule permission d’entrer ?