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Question d'oral
Les grandes écoles sont-elles républicaines ?
Réponse d'oral
Les grandes écoles sont républicaines par leur ambition de former des compétences au service du pays, mais elles le sont moins lorsque leur sélection reproduit les inégalités sociales. Leur promesse repose sur la méritocratie : les places doivent revenir aux plus capables, non aux mieux nés. Fondée en 1794, pendant la Révolution française, l’École polytechnique illustre cette volonté de former des ingénieurs pour la nation. Le concours semble alors un outil juste : mêmes épreuves, mêmes règles, classement selon les résultats. Mais les grandes écoles sont diverses : une école publique formant des fonctionnaires et une école de commerce privée ne remplissent pas exactement la même mission.Le problème, c’est que l’égalité des chances ne se réduit pas à passer la même épreuve. Avant le concours, les candidats n’ont pas bénéficié des mêmes conditions de travail, des mêmes établissements ni des mêmes informations. Une famille qui connaît les classes préparatoires sait mieux anticiper les choix d’orientation. À cela s’ajoutent le logement, le coût des études et parfois l’autocensure : certains élèves brillants n’osent pas candidater. La sélection peut donc récompenser des efforts réels tout en favorisant ceux qui disposaient déjà d’avantages.Pour être pleinement républicaines, les grandes écoles doivent donc rendre leur sélection plus équitable, sans renoncer à l’exigence. Depuis 2001, les conventions d’éducation prioritaire de Sciences Po cherchent ainsi à diversifier le recrutement. Les bourses, l’accompagnement et une meilleure information peuvent aussi élargir l’accès. Mais démocratiser quelques établissements prestigieux ne suffit pas : faut-il surtout ouvrir davantage les grandes écoles, ou réduire l’écart de moyens et de prestige qui les sépare des universités ?
