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    Question d'oral

    Comment la Chine concurrence-t-elle les institutions de Bretton Woods ?

    Réponse d'oral

    La Chine concurrence les institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque mondiale, en proposant d’autres financements et en cherchant à peser davantage dans la gouvernance financière mondiale. Elle ne veut pas simplement les remplacer : elle en reste membre et utilise leurs ressources. Mais elle conteste un système où les États-Unis et les Européens conservent une influence dominante. Au FMI, par exemple, la Chine détient environ 6 % des droits de vote, contre 16,5 % pour les États-Unis. Washington peut ainsi bloquer seul certaines décisions majeures.
    La concurrence chinoise vise surtout le financement du développement, donc davantage la Banque mondiale que le FMI. Lancées en 2013, les nouvelles routes de la soie financent des ports, des chemins de fer ou des centrales électriques grâce, notamment, aux banques publiques chinoises. Pékin a aussi porté la création de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, entrée en activité en 2016. Celle-ci accueille également des pays européens, dont la France. La Chine participe enfin à la Nouvelle Banque de développement des BRICS. Ces dispositifs donnent aux pays emprunteurs davantage de choix, avec généralement moins d’exigences concernant leurs politiques économiques internes.
    Cette offre comporte cependant des limites : certains prêts manquent de transparence et peuvent aggraver l’endettement. Les nouvelles banques coopèrent aussi avec la Banque mondiale, plutôt que de l’affronter systématiquement. Enfin, le dollar reste central, malgré les efforts chinois pour internationaliser le yuan. La Chine contribue donc à une gouvernance plus multipolaire, sans avoir construit un véritable équivalent du FMI. Reste à savoir si cette concurrence rendra le financement mondial plus équitable ou surtout plus fragmenté.