Retour à la fiche
Question d'oral
Qu'a changé la découverte des neuroleptiques en 1952 ?
Réponse d'oral
La découverte des neuroleptiques en 1952 a transformé la psychiatrie : elle a permis de réduire certains symptômes des psychoses, notamment les hallucinations et les délires, et a favorisé le passage de l’asile à des soins davantage ouverts sur la société. Le premier médicament décisif est la chlorpromazine, commercialisée sous le nom de Largactil. En France, les psychiatres Jean Delay et Pierre Deniker l’utilisent en 1952 à l’hôpital Sainte-Anne, après les observations du chirurgien Henri Laborit. Pour des patients très agités ou envahis par des idées délirantes, ce traitement rend parfois de nouveau possibles la discussion, les relations avec les proches et la vie quotidienne.Ce changement est majeur, mais les neuroleptiques ne « guérissent » pas toutes les maladies mentales. Aujourd’hui souvent appelés antipsychotiques, ils agissent surtout sur certains symptômes et peuvent prévenir des rechutes. Ils ont aussi des effets indésirables : raideur, tremblements, somnolence ou prise de poids, selon les médicaments. Leur arrivée a contribué à la désinstitutionnalisation, c’est-à-dire à la réduction des longs séjours à l’hôpital. Mais cette évolution dépend aussi du développement des soins de proximité, du logement et de l’accompagnement social : un médicament ne remplace pas un lieu où vivre.Enfin, cette découverte a renforcé la dimension médicale de la psychiatrie, sans effacer les questions soulevées par Foucault sur l’enfermement et le contrôle social. Apaiser un patient peut lui rendre de la liberté ; rechercher uniquement son calme peut aussi masquer ses besoins. Le progrès psychiatrique doit-il donc se mesurer seulement aux symptômes réduits, ou aussi à l’autonomie retrouvée ?
