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Question d'oral
La maladie mentale est-elle une construction sociale ?
Réponse d'oral
La maladie mentale est en partie une construction sociale, mais elle ne se réduit pas à une invention de la société : la souffrance et les troubles sont bien réels. Une dépression sévère ou des hallucinations peuvent bouleverser une existence, quelle que soit la manière de les nommer. En revanche, chaque époque fixe différemment la frontière entre comportement acceptable, originalité et maladie. La « folie » est donc une catégorie historique, tandis que la psychiatrie cherche à identifier et à soigner des troubles précis.Le passage de l’asile au soin illustre cette tension. À Bicêtre, en 1793, Pinel est associé à la libération des malades enchaînés, avec un rôle important du surveillant Pussin. Le malade devient une personne à traiter plutôt qu’un être à punir, même si l’enfermement demeure. Dans Histoire de la folie, publié en 1961, Foucault montre comment les institutions et les normes sociales façonnent le regard porté sur la folie. Cela invite à demander qui décide du normal, sans conclure que toute maladie serait imaginaire.Le DSM, dont la cinquième édition paraît en 2013, classe les troubles à partir de critères et de symptômes. Il facilite le diagnostic, mais ses catégories évoluent : en 1973, l’Association américaine de psychiatrie retire l’homosexualité en tant que telle de sa classification des troubles mentaux. Cet exemple révèle le poids des valeurs sociales. Il faut donc tenir ensemble les dimensions biologiques, psychologiques et sociales, et associer médicaments, psychothérapies et soutien matériel selon les besoins. Le défi reste de soigner la souffrance sans transformer toute différence en maladie.
