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    Question d'oral

    Anglais et recherche : quelles tensions et quelles solutions (traduction, bilinguisme, revues) ?

    Réponse d'oral

    L’anglais dans la recherche crée une tension entre la nécessité de communiquer à l’échelle mondiale et le maintien de la diversité des langues : la traduction, le bilinguisme et les revues francophones permettent de mieux concilier ces objectifs. Une langue commune facilite les échanges entre scientifiques, la comparaison des résultats et les collaborations internationales. Mais cette domination impose aussi un effort supplémentaire aux chercheurs non anglophones. Rédiger un article dans un anglais très précis demande du temps, parfois des services payants. Surtout, publier en français peut réduire la visibilité d’un travail lorsque les revues les plus reconnues privilégient l’anglais.
    Le risque touche aussi les sujets étudiés et la circulation des connaissances. Une recherche sur les pratiques agricoles au Sénégal doit pouvoir nourrir le débat international, mais aussi être comprise par les professionnels concernés. La traduction devient alors un outil de partage, pas seulement une dépense. Le bilinguisme offre plusieurs solutions concrètes : publier un article avec un résumé dans deux langues, traduire ses principaux résultats ou proposer une version destinée au grand public. Les outils automatiques peuvent aider, à condition de faire vérifier les termes scientifiques et les nuances.
    Enfin, soutenir les revues francophones permet de préserver des espaces de discussion exigeants sans les couper du monde. La plateforme québécoise Érudit, créée en 1998, diffuse ainsi de nombreuses publications savantes en français. L’enjeu n’est donc pas de combattre l’anglais, mais d’éviter qu’il devienne l’unique voie de reconnaissance scientifique. Une recherche vraiment universelle ne devrait-elle pas pouvoir se lire dans plusieurs langues ?