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    Question d'oral

    Qu’est-ce qui fait la “grandeur” d’un journaliste : notoriété, méthode, impact, style ?

    Réponse d'oral

    La grandeur d’un journaliste tient moins à sa notoriété qu’à sa méthode, à son impact et à son style, guidés par une exigence : informer honnêtement. Être connu permet d’être entendu, mais ne garantit ni la vérité ni la qualité du travail. Un grand journaliste vérifie ses informations, recoupe les témoignages et distingue les faits de ses opinions. Il va aussi sur le terrain, écoute et accepte de corriger ses erreurs. Sa crédibilité ne vient donc pas de l’assurance avec laquelle il parle, mais des preuves qu’il apporte.
    L’impact compte lorsque ce travail révèle une injustice ou oblige le pouvoir à rendre des comptes. En 1972, Bob Woodward et Carl Bernstein, du Washington Post, enquêtent sur le Watergate. Leurs révélations contribuent, avec les investigations judiciaires et parlementaires, à la démission de Richard Nixon en août 1974. Mais la grandeur ne se mesure pas seulement à la chute d’un président : une enquête locale sur une eau polluée peut aussi transformer des vies. L’essentiel est l’utilité publique de l’information, pas le bruit qu’elle produit.
    Enfin, le style rend une réalité complexe compréhensible et sensible. En 1923, Albert Londres décrit le bagne de Guyane et expose ses violences au public français. Son écriture frappe parce qu’elle s’appuie sur ce qu’il observe. Le talent du récit doit éclairer les faits, jamais les arranger. La grandeur suppose donc aussi une éthique : protéger ses sources et respecter les personnes. À l’heure où chacun peut publier, cette exigence n’est-elle pas plus précieuse que la célébrité ?