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    Question d'oral

    Objectivité : mythe impossible ou idéal régulateur ? Quelle alternative (transparence, méthode) ?

    Réponse d'oral

    L’objectivité journalistique est un mythe si elle signifie une neutralité parfaite, mais elle reste un idéal régulateur : un cap qui oblige à vérifier les faits et à corriger ses erreurs. Aucun journaliste ne regarde le monde sans point de vue. Choisir un sujet, un témoin ou un titre, c’est déjà orienter le regard. Pourtant, cela ne signifie pas que toutes les versions se valent. Un fait établi ne devient pas une simple opinion parce que celui qui le rapporte a des convictions.
    L’alternative à une objectivité absolue repose d’abord sur la méthode. Il faut recouper les témoignages, examiner les documents et permettre aux personnes mises en cause de répondre. En 1972, Bob Woodward et Carl Bernstein enquêtent sur le Watergate pour le Washington Post. Leur force n’est pas de prétendre tout savoir : elle vient de vérifications patientes, qui contribuent, avec les investigations judiciaires et parlementaires, à la démission de Richard Nixon en août 1974. L’engagement à chercher la vérité n’interdit donc pas la rigueur ; il l’exige.
    La transparence complète cette méthode. Le journaliste doit expliquer ce qu’il sait, ce qu’il ignore et comment il a travaillé, sans exposer ses sources confidentielles. Il doit aussi signaler ses éventuels conflits d’intérêts et rectifier clairement une erreur. Afficher ses convictions ne suffit pas à rendre une enquête fiable : les preuves restent décisives. L’enjeu n’est donc pas d’effacer toute subjectivité, mais de la soumettre à des règles vérifiables. La confiance dépendrait-elle moins d’un regard sans parti pris que d’un travail dont chacun peut comprendre les garanties ?