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    Question d'oral

    Le non-alignement (Bandung 1955, Belgrade 1961) a-t-il constitué un troisième pôle ou une position principalement rhétorique ?

    Réponse d'oral

    Le non-alignement a constitué davantage une voie politique autonome qu’un véritable troisième pôle de la guerre froide, sans être une position principalement rhétorique. Son ambition était claire : refuser que les pays récemment décolonisés passent de la domination européenne à la dépendance envers Washington ou Moscou. La conférence de Bandung, en 1955, réunit ainsi 29 pays d’Asie et d’Afrique autour de la souveraineté et de la lutte contre le colonialisme. Elle prépare le mouvement officiellement lancé à Belgrade en 1961, notamment par Tito, Nehru et Nasser. Mais refuser l’alignement ne signifie ni rester neutre sur tous les conflits, ni renoncer à toute coopération avec les deux Grands.
    Cette démarche produit des effets concrets. À l’ONU, ces États font du nombre un levier pour soutenir la décolonisation et réclamer des relations économiques plus équitables. En 1974, l’Assemblée générale adopte une déclaration pour un nouvel ordre économique international : leurs revendications deviennent un enjeu mondial. Certains dirigeants utilisent aussi la concurrence entre les blocs pour obtenir une aide. L’Égypte de Nasser reçoit ainsi un soutien soviétique pour construire le haut barrage d’Assouan, sans adhérer au pacte de Varsovie.
    Cependant, ces pays n’ont ni armée commune, ni économie intégrée, ni stratégie unique. Leurs intérêts divergent, et certains se rapprochent nettement d’une superpuissance. Le non-alignement forme donc surtout une force de contestation, capable d’influencer l’ordre mondial, mais pas de rivaliser globalement avec les deux blocs. Son héritage invite à se demander si l’autonomie internationale exige de former un bloc ou, au contraire, de préserver plusieurs partenaires.