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    Question d'oral

    À l’heure où le traité New START arrive à échéance (5 février 2026), que nous dit l’héritage de la guerre froide sur la stabilité nucléaire ?

    Réponse d'oral

    L’héritage de la guerre froide montre que la stabilité nucléaire, fragilisée par l’échéance du traité New START le 5 février 2026, dépend autant du dialogue et des contrôles que de la peur des représailles. Entre 1947 et 1991, les États-Unis et l’Union soviétique évitent la guerre ouverte parce que chacun peut infliger à l’autre des destructions insupportables, même après avoir subi une première frappe. C’est la dissuasion nucléaire. Mais cet équilibre ne garantit ni l’absence d’accident ni celle d’une erreur de calcul.
    La crise des missiles de Cuba, en octobre 1962, le montre concrètement : Kennedy et Khrouchtchev s’approchent d’un affrontement nucléaire avant de négocier une sortie de crise. La leçon est simple : pour éviter la catastrophe, il faut pouvoir communiquer et comprendre les intentions adverses. Les accords de limitation des armements servent ensuite à rendre la rivalité plus prévisible. Signé en 2010, New START plafonnait notamment à 1 550 les ogives stratégiques déployées de chaque côté, selon ses règles de comptage. Ses échanges de données et ses inspections comptaient autant que ses plafonds, même si ce dispositif était déjà dégradé avant l’échéance.
    La fin de ce cadre ne signifie donc pas automatiquement une guerre nucléaire. Elle accroît cependant l’incertitude et peut encourager une course aux armements. Aujourd’hui, la montée en puissance nucléaire de la Chine complique aussi une relation autrefois dominée par deux adversaires. L’enjeu est de reconstruire une maîtrise des armements adaptée : comment rendre la rivalité prévisible lorsque les puissances nucléaires et les technologies se multiplient ?