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    Question d'oral

    La solitude est-elle devenue un problème social et politique ?

    Réponse d'oral

    La solitude est devenue un problème social et politique, car elle ne relève pas seulement d’un choix personnel : elle dépend aussi des conditions de vie et de la solidité des liens sociaux. Il faut distinguer la solitude choisie, qui permet de se retrouver, de l’isolement subi et du sentiment de solitude, que l’on peut éprouver même entouré. L’individualisme n’est donc pas simplement de l’égoïsme. Il donne davantage de liberté pour choisir sa vie, mais peut fragiliser les appartenances qui apportaient soutien et protection.
    Dès 1840, Tocqueville souligne le risque d’un repli sur le cercle privé : chacun peut délaisser la vie collective et laisser le pouvoir agir sans contrôle. Pourtant, l’individu moderne n’est pas indépendant des autres. Norbert Elias montre au contraire que l’individualisation accompagne une interdépendance croissante. Au quotidien, une personne âgée peut vivre seule tout en étant bien entourée ; un étudiant peut croiser des centaines de personnes et n’avoir personne à qui confier ses difficultés. Le problème tient donc moins au nombre de contacts qu’à leur qualité et à la possibilité de compter sur quelqu’un.
    La solitude devient politique lorsqu’elle touche la santé, accentue les inégalités et affaiblit la participation collective. En 2018, le Royaume-Uni a confié à une secrétaire d’État une mission consacrée à la lutte contre la solitude. Les réponses passent notamment par des lieux de rencontre, des transports accessibles et le soutien aux associations. L’enjeu n’est pas de supprimer l’autonomie, mais de garantir un lien social protecteur. Comment permettre à chacun d’être libre sans le laisser seul face aux épreuves ?