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Question d'oral
L'éducation prioritaire fonctionne-t-elle (ZEP, dédoublement) ?
Réponse d'oral
L’éducation prioritaire, des ZEP au dédoublement des classes, fonctionne en partie : elle améliore certains apprentissages, mais ne suffit pas à supprimer les inégalités scolaires. Créées en 1981, les zones d’éducation prioritaire reposent sur une idée simple : donner davantage de moyens aux établissements qui accueillent les élèves les plus défavorisés. Le bilan historique des ZEP reste mitigé. Les moyens supplémentaires ont souvent été trop dispersés, tandis que les équipes enseignantes connaissent une forte rotation. Surtout, l’école ne peut pas effacer seule les effets du logement, de la pauvreté ou de la ségrégation entre quartiers.Le dédoublement des classes, engagé en 2017 dans les CP de REP+, apporte des résultats plus encourageants. Avec environ douze élèves au lieu de vingt-quatre, un professeur peut repérer plus vite une difficulté de lecture et accompagner chaque enfant. Les évaluations montrent des progrès en français et en mathématiques, particulièrement au début du primaire. Mais ces gains restent modestes et ne ferment pas l’écart avec les élèves des milieux favorisés. Une petite classe aide ; elle ne garantit pas, à elle seule, un enseignement plus efficace.L’enjeu est donc de combiner les moyens : effectifs réduits, enseignants formés et stables, accompagnement précoce et mixité sociale. La carte scolaire compte aussi : si certains établissements concentrent toutes les difficultés, les ressources supplémentaires risquent de seulement compenser une partie du désavantage. L’éducation prioritaire n’est donc ni un échec total ni une solution miracle. Peut-on vraiment promettre une école du mérite sans agir aussi sur les conditions de départ des élèves ?
