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    Question d'oral

    Comment fonctionne une QPC, étape par étape, et pourquoi dit-on qu’elle « ouvre » le contrôle aux citoyens ?

    Réponse d'oral

    Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet à une personne engagée dans un procès de contester une disposition législative qui porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Elle « ouvre » donc le contrôle aux citoyens : depuis le 1er mars 2010, une loi déjà en vigueur peut être remise en cause à leur initiative. Avant cette réforme, le contrôle du Conseil constitutionnel s’exerçait principalement avant la promulgation des lois, sur saisine d’autorités politiques.
    Concrètement, la démarche suit plusieurs étapes. Une partie soulève la QPC devant le juge de son affaire, dans un écrit distinct et motivé. Le juge vérifie que la disposition s’applique au litige, qu’elle n’a pas déjà été déclarée conforme, sauf changement de circonstances, et que la question présente un caractère sérieux. Il la transmet alors au Conseil d’État pour l’ordre administratif, ou à la Cour de cassation pour l’ordre judiciaire. Ce double filtrage évite l’engorgement : la juridiction suprême dispose de trois mois pour décider de saisir le Conseil constitutionnel si la question est nouvelle ou sérieuse. Celui-ci dispose ensuite de trois mois pour statuer. S’il constate une inconstitutionnalité, il prononce l’abrogation de la disposition, immédiatement ou à une date ultérieure.
    Le 30 juillet 2010, une décision sur la garde à vue a ainsi censuré plusieurs dispositions qui protégeaient insuffisamment les droits de la défense, avec une abrogation différée pour permettre une réforme. Le citoyen ne saisit donc pas directement le Conseil, mais son procès peut faire disparaître une règle applicable à tous. Reste à rendre cette possibilité réellement accessible, au-delà des personnes les mieux accompagnées juridiquement.