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    Question d'oral

    Pourquoi certains préfèrent-ils parler de Capitalocène ?

    Réponse d'oral

    Certains préfèrent parler de Capitalocène plutôt que d’Anthropocène parce qu’ils attribuent la crise écologique moins à l’humanité entière qu’au fonctionnement historique du capitalisme. Le mot « Anthropocène » souligne une réalité : les activités humaines transforment désormais la planète à une échelle géologique. Mais il peut donner l’impression que tous les humains en sont également responsables. Or, un agriculteur pauvre, un grand groupe pétrolier et un consommateur très aisé n’ont ni la même empreinte écologique ni le même pouvoir de décision.
    Popularisée notamment par l’historien Jason W. Moore, la notion de Capitalocène met donc l’accent sur l’accumulation du capital : produire et vendre toujours davantage, exploiter des ressources à bas coût et reporter les dégâts sur d’autres populations ou sur les générations suivantes. Elle relie la crise actuelle à une histoire longue, faite de colonisation, d’appropriation des terres et d’exploitation du travail. Exemple concret : dans l’Angleterre du XIXe siècle, les usines textiles alimentées au charbon utilisent du coton provenant notamment des plantations esclavagistes américaines. Production industrielle, énergie fossile et domination sociale sont ici étroitement liées.
    Ce changement de vocabulaire a une conséquence politique : il invite à transformer les règles économiques plutôt qu’à demander seulement des efforts individuels. Il reste toutefois discuté. Les économies soviétiques ont elles aussi provoqué de graves destructions écologiques, comme l’assèchement de la mer d’Aral. Le Capitalocène éclaire donc les responsabilités inégales, sans expliquer à lui seul toutes les dégradations. Reste à savoir comment satisfaire les besoins de tous sans faire de la croissance matérielle un objectif sans limite.