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Question d'oral
Faut-il protéger la nature pour elle-même ou pour les services qu'elle rend ?
Réponse d'oral
Il faut protéger la nature à la fois pour elle-même et pour les services qu’elle rend, car ces deux raisons se complètent sans se confondre. La biodiversité ne désigne pas seulement le nombre d’espèces : elle comprend aussi leur diversité génétique, les écosystèmes et toutes leurs interactions. Lui reconnaître une valeur propre, c’est considérer qu’une espèce mérite d’exister même si elle ne nous rapporte rien. Un papillon rare ou une plante sans usage connu ne deviennent pas inutiles simplement parce que nous ignorons leur rôle.Protéger la nature répond aussi à nos besoins les plus concrets. Les insectes pollinisent une partie de nos cultures, les zones humides limitent certaines inondations et les sols vivants contribuent à notre alimentation. Ces services écosystémiques montrent que défendre le vivant, c’est aussi défendre nos conditions de vie. En 2019, l’IPBES estimait qu’environ un million d’espèces animales et végétales étaient menacées d’extinction. Face à cette crise, souvent appelée sixième extinction, l’argument de l’utilité peut convaincre un agriculteur, une entreprise ou une municipalité d’agir.Mais cet argument a une limite : faut-il abandonner une espèce dès qu’elle paraît moins rentable qu’un projet immobilier ? Réduire la nature à ses bénéfices immédiats risque de justifier sa destruction. Il faut donc associer protection du vivant, besoins humains et attention aux populations qui dépendent directement des milieux naturels. La question devient alors : quelle place sommes-nous prêts à laisser aux autres êtres vivants sur une planète que nous partageons ?
