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    Question d'oral

    Les groupes de niveau sont-ils une bonne réponse à la baisse du niveau ?

    Réponse d'oral

    Les groupes de niveau ne sont pas, à eux seuls, une bonne réponse à la baisse du niveau en mathématiques : ils peuvent aider s’ils sont souples, mais risquent d’aggraver les inégalités s’ils enferment les élèves dans des catégories. L’enquête PISA 2022 donne la mesure du problème : la France obtient 474 points en mathématiques, contre 495 en 2018. Cette baisse touche aussi de nombreux autres pays. Mais un classement ne dit pas, à lui seul, quelle méthode permettra de progresser.
    L’intérêt des groupes est concret : un professeur peut reprendre les fractions avec certains élèves pendant que d’autres abordent des problèmes plus difficiles. Encore faut-il des groupes de besoins, temporaires et régulièrement réévalués. Un élève peut maîtriser la géométrie et rencontrer des difficultés en calcul. Le qualifier durablement de « faible » masque cette diversité. Cela peut aussi nourrir l’anxiété mathématique : la peur de se tromper mobilise l’attention, gêne le raisonnement et pousse à éviter la matière. Les élèves les plus fragiles risquent alors de recevoir un enseignement moins ambitieux, avec moins d’occasions de progresser.
    La priorité devrait donc être la qualité de l’enseignement et l’accompagnement précoce. La méthode de Singapour, recommandée par le rapport Villani-Torossian de 2018, propose par exemple de manipuler des objets, puis de dessiner, avant d’utiliser des symboles. Elle rappelle surtout l’importance de la formation des enseignants. Des groupes peuvent compléter cette démarche, à condition de préserver des objectifs communs et des passages fréquents entre eux. La vraie question est donc de savoir comment adapter l’aide sans réduire les ambitions pour certains élèves.