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Question d'oral
Le Poussinisme et le Rubénisme sont-ils les deux faces de la querelle des Anciens et des Modernes ?
Réponse d'oral
Le Poussinisme et le Rubénisme sont deux faces de la querelle des Anciens et des Modernes, mais leur opposition ne recouvre pas exactement celle des deux camps. Dans la France de la fin du XVIIe siècle, ces débats posent une même question : faut-il suivre des modèles reconnus ou défendre de nouvelles façons de créer ? Cependant, la querelle des Anciens et des Modernes porte surtout sur l’autorité de l’Antiquité et la possibilité du progrès. Celle des peintres concerne d’abord les moyens propres à la peinture.Les poussinistes, qui prennent Nicolas Poussin pour modèle, défendent la primauté du dessin. Selon eux, la qualité d’un tableau repose sur la composition, la précision des formes et la clarté du récit. Cette position rejoint le respect des règles associé aux Anciens. Les rubénistes, admirateurs de Pierre Paul Rubens, privilégient la couleur, capable de rendre les chairs vivantes, de séduire le regard et de susciter l’émotion. Roger de Piles soutient cette approche dans son Dialogue sur le coloris, publié en 1673. Son admission à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1699 marque la reconnaissance de ses idées.Il faut pourtant éviter une équivalence trop simple : Poussin n’est pas un artiste antique, et admirer Rubens ne signifie pas rejeter les maîtres du passé. Les deux camps reconnaissent le dessin et la couleur, mais discutent leur importance respective. Le rubénisme affirme surtout que la peinture possède une force visuelle qui ne se réduit pas aux règles du récit. Cette querelle invite donc à se demander si une œuvre vaut davantage par ce qu’elle fait comprendre ou par ce qu’elle fait éprouver.
Autres questions
1.En quoi la querelle des Anciens et des Modernes est-elle plus qu'une simple dispute esthétique ?3.Quel rôle les Académies ont-elles joué dans ce débat ?4.Peut-on dire que les "Modernes" ont réellement "gagné" la querelle ? Quelles en sont les conséquences ?5.La tension entre la norme et l'innovation, au cœur de la querelle, est-elle encore pertinente pour analyser l'art d'aujourd'hui ?
