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    Question d'oral

    Peut-on dire que les "Modernes" ont réellement "gagné" la querelle ? Quelles en sont les conséquences ?

    Réponse d'oral

    Les Modernes ont en partie gagné la querelle des Anciens et des Modernes : ils ont fait reconnaître le droit de créer sans considérer l’Antiquité comme un modèle indépassable, mais ils n’ont pas démontré que l’art progresse toujours. En 1687, Charles Perrault déclenche une vive polémique à l’Académie française avec son poème Le Siècle de Louis le Grand. Il y défend l’idée que les contemporains de Louis XIV peuvent égaler les auteurs antiques. Face à lui, Boileau défend l’autorité des grands modèles anciens. Pourtant, les positions sont moins figées qu’il n’y paraît : admirer Homère n’interdit pas d’inventer, et défendre son siècle ne signifie pas rejeter tout héritage.
    La victoire des Modernes est donc surtout celle d’une liberté de jugement. Une œuvre ne vaut plus uniquement parce qu’elle respecte un modèle prestigieux : elle peut aussi être appréciée pour ce qu’elle apporte de nouveau. Cela contribue à transformer la place de l’artiste. Sans devenir immédiatement un créateur totalement libre, il peut davantage revendiquer son invention. En peinture, la reconnaissance croissante de la couleur face au dessin accompagne cette évolution, mais cette autre querelle ne se confond pas exactement avec celle des Anciens et des Modernes.
    La conséquence majeure est l’ouverture d’un débat durable sur le progrès artistique. Les sciences accumulent des connaissances ; les arts, eux, ne remplacent pas leurs chefs-d’œuvre comme on remplace une technique dépassée. Racine ne rend pas Sophocle inutile. La querelle laisse ainsi une question toujours actuelle : comment faire du nouveau sans perdre ce que le passé permet de comprendre ?