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    Question d'oral

    Quel rôle les Académies ont-elles joué dans ce débat ?

    Réponse d'oral

    Les Académies ont joué un rôle central dans la querelle des Anciens et des Modernes : elles ont fixé les règles du goût, mais aussi offert une tribune à ceux qui voulaient les renouveler. Fondées ou soutenues par le pouvoir royal, elles réunissent des écrivains et des artistes reconnus. L’Académie française, créée en 1635, travaille à définir le bon usage de la langue. L’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, organise l’enseignement artistique et défend des modèles tirés de l’Antiquité et de la Renaissance. Ces institutions donnent donc une grande autorité à la tradition, sans former pour autant un bloc hostile à toute nouveauté.
    C’est justement à l’Académie française que la querelle éclate publiquement en 1687. Charles Perrault y lit son poème Le Siècle de Louis le Grand, qui conteste la supériorité automatique des auteurs antiques et célèbre les contemporains de Louis XIV. Boileau s’y oppose. L’Académie devient ainsi une arène du débat, et pas seulement un tribunal du bon goût. En peinture, ses conférences accueillent également les discussions sur le dessin et la couleur. Cette autre querelle croise celle des Anciens et des Modernes, sans se confondre avec elle.
    Les Académies ont donc une double fonction : conserver un héritage et discuter les conditions de l’innovation. Leur proximité avec la monarchie encourage aussi la célébration des réussites du présent. Elles montrent qu’une institution chargée de protéger les modèles peut devenir le lieu de leur remise en question. Peut-on renouveler les arts sans transformer les institutions qui décident de leur valeur ?