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Question d'oral
Que signifie la « clôture » selon McCloud ?
Réponse d'oral
La clôture, selon Scott McCloud, est l’opération mentale par laquelle le lecteur de bande dessinée complète ce qui n’est pas montré pour construire une action ou une scène cohérente. Deux cases présentent des fragments séparés ; notre imagination établit leur lien. Dans L’Art invisible, publié en 1993, McCloud explique ainsi que le lecteur participe activement au récit. Il ne regarde pas seulement des images : il reconstitue une continuité à partir d’éléments discontinus.Prenons un exemple simple : une première case montre une personne qui lâche un verre ; la suivante présente des morceaux de verre au sol. La chute et le choc ne sont pas dessinés. Pourtant, le lecteur comprend immédiatement ce qui s’est passé. L’ellipse désigne ici l’événement laissé hors des images, tandis que la clôture désigne le travail mental qui permet de le reconstruire. La gouttière, cet espace entre les cases, devient donc le lieu symbolique de cette participation. Elle ne contient aucune image de l’action, mais c’est en la franchissant que le lecteur relie les moments.Cette reconstruction varie selon les transitions. Entre deux instants très proches, elle demande peu d’effort. Entre deux scènes séparées par dix ans, elle suppose un saut beaucoup plus important. Dans certains mangas, plusieurs cases montrent différents aspects d’un même lieu : le lecteur rassemble alors une atmosphère plutôt qu’une succession d’actions. La clôture ne sert donc pas uniquement à combler du temps manquant. Et si la force de la bande dessinée venait autant de ses blancs que de ses images ?
