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    Question d'oral

    Que sont l'arthrologie et le tressage chez Groensteen ?

    Réponse d'oral

    Chez Thierry Groensteen, l’arthrologie désigne l’étude des relations entre les cases de bande dessinée ; le tressage désigne les liens qui se construisent entre des cases éloignées, grâce à des échos visuels ou narratifs. L’idée est simple : une case ne prend pas seulement son sens toute seule. Elle dialogue avec les autres. Dans Système de la bande dessinée, publié en 1999, Groensteen distingue ainsi deux niveaux de relations. L’arthrologie restreinte concerne les cases qui se suivent dans le récit. Par exemple, une main lâche un verre, puis celui-ci apparaît brisé au sol : leur succession permet de comprendre l’action, même si la chute n’est pas représentée.
    L’arthrologie générale considère les relations à l’échelle de la page ou de l’album, au-delà de cette succession immédiate. Le tressage en est une dimension essentielle : un cadrage, un objet ou une couleur revient et relie plusieurs moments du récit. Dans Watchmen, d’Alan Moore et Dave Gibbons, publié en 1986-1987, le badge jaune souriant taché de sang constitue ainsi un motif récurrent. Ses reprises et ses échos visuels invitent à rapprocher des images séparées. Ce n’est donc pas seulement une répétition décorative : ces rapprochements enrichissent le sens.
    La différence avec l’ellipse est importante. L’ellipse fait comprendre ce qui manque entre deux moments ; le tressage fait reconnaître ce qui résonne entre plusieurs images. La bande dessinée se lit donc dans l’ordre, mais aussi par retours et comparaisons. Une seconde lecture ne permet-elle pas, alors, de découvrir une autre histoire dans les mêmes images ?