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    Question d'oral

    L'anglais comme langue mondiale est-il une chance ou une menace ?

    Réponse d'oral

    L’anglais comme langue mondiale est à la fois une chance pour communiquer et une menace pour la diversité des langues, selon la place qu’on lui donne. Il offre une langue commune à des personnes qui, autrement, ne pourraient pas échanger facilement. Dans la recherche, le commerce ou le tourisme, cet outil facilite les rencontres et la circulation des connaissances. Un médecin japonais et une chercheuse brésilienne peuvent ainsi travailler ensemble en anglais sans apprendre d’abord leurs langues respectives. Cette domination n’a pourtant rien de naturel : elle vient notamment de l’expansion de l’Empire britannique, puis de la puissance économique et culturelle des États-Unis au XXe siècle.
    Le risque apparaît lorsque cette langue commune devient une langue obligatoire, au détriment des autres. Maîtriser l’anglais ouvre des portes, mais son apprentissage coûte du temps et parfois de l’argent. Cela crée des inégalités, notamment face aux locuteurs natifs. Dans les sciences, publier surtout en anglais peut aussi éloigner les connaissances du public local. Pour les langues en danger, la menace devient grave lorsque les familles cessent de les transmettre aux enfants. L’anglais n’est cependant pas seul responsable : d’autres langues dominantes exercent cette pression, comme l’espagnol sur certaines langues autochtones d’Amérique.
    L’enjeu est donc de défendre le plurilinguisme, plutôt que de choisir entre l’anglais et les autres langues. On peut apprendre l’anglais tout en soutenant l’enseignement, la création et les médias dans les langues locales. Une langue mondiale devrait être un pont, pas un remplacement. Le véritable progrès ne serait-il pas de pouvoir se comprendre sans devoir se ressembler ?