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    Question d'oral

    En quoi la place du spectateur au XXe siècle a-t-elle été une remise en cause du théâtre bourgeois ?

    Réponse d'oral

    Au XXe siècle, la place du spectateur remet en cause le théâtre bourgeois en faisant du public un partenaire critique de la représentation, plutôt qu’un simple consommateur de divertissement. Ce théâtre bourgeois repose souvent sur une séparation nette : les acteurs jouent sur scène, tandis que les spectateurs, assis dans l’obscurité, observent une histoire comme à travers une fenêtre. Le quatrième mur, frontière imaginaire entre scène et salle, favorise l’illusion. Contester cette organisation, c’est aussi critiquer un théâtre qui conforte les habitudes et les valeurs de son public.
    Cette remise en cause prend plusieurs formes. Avec Bertolt Brecht, le spectateur doit garder son jugement au lieu de seulement s’identifier aux personnages. Des chansons, des pancartes ou des adresses directes interrompent l’illusion : la distanciation invite à comprendre que les rapports sociaux peuvent changer. Dans 1789, créé en 1970 par le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, plusieurs espaces de jeu entourent les spectateurs, qui peuvent se déplacer. La Révolution devient une expérience collective, et non un tableau observé à distance. Avec le théâtre-forum d’Augusto Boal, le public peut même remplacer un personnage pour essayer une autre manière d’agir face à une oppression.
    Cependant, bouger ou intervenir ne suffit pas à rendre un spectateur libre. Dans Le Spectateur émancipé, paru en 2008, Jacques Rancière rappelle que regarder, comparer et interpréter constituent déjà une activité. L’enjeu est donc moins d’imposer la participation que de reconnaître l’autonomie du spectateur. Un théâtre vraiment ouvert ne devrait-il pas aussi laisser chacun choisir sa manière de participer ?