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    Question d'oral

    Si c'est gratuit, sommes-nous le produit ?

    Réponse d'oral

    Si c’est gratuit, nous ne sommes pas exactement le produit : dans l’économie des plateformes, ce sont surtout notre attention et nos données personnelles qui permettent de gagner de l’argent. Les GAFAM proposent certains services sans paiement direct, comme Google, Facebook ou YouTube. En échange, ils recueillent des informations sur nos recherches, nos goûts et nos habitudes. Les annonceurs paient alors pour afficher leurs publicités auprès de publics précis. Une personne qui regarde plusieurs vidéos de randonnée pourra ainsi recevoir une publicité pour des chaussures de marche. La plateforme vend généralement un accès ciblé à son audience, plutôt qu’un fichier contenant toutes nos données.
    Ce modèle repose sur les effets de réseau : plus une plateforme rassemble d’utilisateurs, plus elle devient intéressante pour les autres utilisateurs et pour les annonceurs. Elle peut donc devenir difficile à quitter, notamment lorsque tous nos proches y sont présents. La gratuité facilite cette expansion. Mais elle peut aussi encourager la recherche du temps d’écran maximal, grâce aux notifications et aux recommandations. En 2019, Shoshana Zuboff a popularisé l’expression capitalisme de surveillance pour décrire cette exploitation commerciale de nos comportements, destinée à les prévoir et parfois à les influencer.
    Cependant, gratuit ne signifie pas toujours exploitation publicitaire. Wikipédia est accessible gratuitement et fonctionne principalement grâce aux dons. Inversement, payer un service ne garantit pas l’absence de collecte de données. La bonne question est donc moins « sommes-nous le produit ? » que « qui finance le service, et dans quel intérêt ? ». Jusqu’où sommes-nous prêts à laisser ces entreprises organiser notre attention ?