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    Question d'oral

    L'Europe peut-elle avoir une souveraineté numérique ?

    Réponse d'oral

    L’Europe peut avoir une souveraineté numérique, mais elle doit renforcer sa capacité à choisir ses technologies et à fixer leurs règles, sans chercher à tout produire seule. Aujourd’hui, elle dépend largement des GAFAM pour les moteurs de recherche, les logiciels ou le cloud, c’est-à-dire le stockage et le traitement des données à distance. Cette dépendance est économique, mais aussi politique : qui contrôle les infrastructures peut peser sur l’accès à l’information et sur la sécurité des données.
    L’Union européenne possède déjà un levier puissant : son marché et ses lois. Depuis 2018, le RGPD protège les données personnelles et impose des obligations aux entreprises, même étrangères. Depuis mars 2024, le règlement sur les marchés numériques, le DMA, impose de nouvelles règles aux grandes plateformes. Il vise notamment à empêcher qu’elles favorisent systématiquement leurs propres services. C’est essentiel, car les effets de réseau renforcent leur domination : plus une plateforme attire d’utilisateurs, plus elle devient incontournable pour les autres. Mais réglementer les géants américains ne suffit pas à créer des alternatives européennes.
    La souveraineté suppose donc aussi des investissements dans les puces, le cloud, la cybersécurité et l’intelligence artificielle. L’Europe dispose d’atouts concrets : l’entreprise néerlandaise ASML fabrique des machines indispensables à la production des puces les plus avancées. Elle doit toutefois mieux financer ses entreprises, former des spécialistes et coordonner ses achats publics. L’objectif n’est pas une indépendance totale, peu réaliste, mais une autonomie stratégique : éviter qu’un fournisseur unique puisse imposer ses conditions. Reste à savoir jusqu’où les Européens accepteront d’investir ensemble pour maîtriser leur avenir numérique.