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    Question d'oral

    La mixité sociale peut-elle se décréter ?

    Réponse d'oral

    La mixité sociale ne peut pas se décréter à elle seule : la loi peut la favoriser, mais elle ne suffit pas à faire vivre ensemble des populations différentes. L’histoire des grands ensembles le montre bien. Construits surtout entre les années 1950 et 1970, ils répondent à une urgence : loger rapidement et dignement des millions de personnes. Pour beaucoup de familles, un appartement avec chauffage, salle de bains et eau chaude représente un progrès immense. Ces quartiers accueillent alors des ouvriers, des employés et des ménages des classes moyennes. Leur concentration actuelle de pauvreté n’était donc pas une fatalité inscrite dans leurs barres et leurs tours.
    La puissance publique dispose pourtant de leviers concrets. La loi SRU, adoptée en 2000, impose à certaines communes une proportion minimale de logements sociaux, initialement de 20 %, portée à 25 % dans de nombreux cas en 2013. Elle cherche à mieux répartir l’accueil des ménages modestes. Mais construire quelques HLM dans une commune aisée ne garantit pas les rencontres. Si les enfants fréquentent des écoles différentes et si les habitants ne partagent aucun lieu, la proximité des logements reste une simple juxtaposition.
    La mixité suppose donc aussi des transports efficaces, des services publics solides, des commerces et des espaces communs accueillants. Elle exige surtout de combattre les discriminations et de donner aux habitants de véritables choix résidentiels. Rénover un quartier ne doit pas signifier déplacer ses habitants les plus pauvres. L’enjeu n’est-il pas, au fond, de rendre tous les quartiers désirables plutôt que de déplacer les difficultés ?