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    Question d'oral

    Les modèles épidémiologiques ont-ils gouverné à notre place en 2020 ?

    Réponse d'oral

    Les modèles épidémiologiques n’ont pas gouverné à notre place en 2020, mais ils ont fortement orienté les décisions politiques face au Covid-19. Un modèle mathématique représente une épidémie en simplifiant la réalité : combien de personnes sont contagieuses, combien de contacts ont-elles, combien risquent une hospitalisation ? Il permet de comparer des scénarios, avec ou sans fermeture des écoles, par exemple. Le 16 mars 2020, une équipe de l’Imperial College de Londres estimait qu’une épidémie sans mesures de contrôle pourrait provoquer environ 510 000 morts au Royaume-Uni. Ce chiffre était une projection conditionnelle, pas l’annonce certaine de l’avenir.
    La difficulté tient à l’incertitude. Au début de la crise, la contagiosité du virus, les infections sans symptômes et les comportements étaient encore mal connus. Les résultats dépendaient donc d’hypothèses révisables. De plus, une prévision peut provoquer des mesures qui empêchent sa réalisation : un bilan finalement moins lourd ne prouve pas, à lui seul, que le modèle était mauvais. Il faut confronter ses résultats aux observations, en tenant compte des interventions. Cette difficulté n’est pas automatiquement du chaos mathématique : elle vient aussi de données incomplètes et de réactions humaines changeantes.
    Le danger apparaît lorsque la décision politique se présente comme une simple conséquence des calculs. Aucun modèle ne décide combien de restrictions sont acceptables, ni comment répartir leurs coûts entre générations et professions. Les mathématiques éclairent les conséquences possibles ; les responsables doivent assumer les arbitrages. Leur efficacité est remarquable, mais elle ne remplace pas le débat démocratique. Comment donner aux modèles leur juste place sans transformer l’expertise en autorité incontestable ?