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Question d'oral
Que disent Voltaire et Rousseau du luxe ?
Réponse d'oral
Voltaire défend le luxe comme un moteur de civilisation et de prospérité, tandis que Rousseau le critique parce qu’il corrompt les mœurs et renforce les inégalités. Pour Voltaire, le luxe ne se réduit pas à des dépenses inutiles : il stimule le commerce, soutient les arts et fait travailler les artisans. Dans Le Mondain, en 1736, il célèbre ainsi « le superflu, chose très nécessaire ». La formule est provocatrice : ce qui n’est pas indispensable à la survie peut rendre l’existence plus agréable et enrichir la société. Une commande de vêtements précieux, par exemple, donne du travail aux tisserands, aux brodeurs et aux marchands.Pour Rousseau, cette prospérité a un prix moral et social. Dans le Discours sur les sciences et les arts, en 1750, il conteste l’idée selon laquelle le raffinement rend nécessairement les hommes meilleurs. Le luxe multiplie les besoins et nourrit le désir de paraître. On ne cherche plus seulement à vivre confortablement, mais à être admiré et à dépasser les autres. Acheter un sac très cher uniquement pour afficher sa réussite illustre aujourd’hui cette distinction sociale. Le luxe entretient alors la dépendance au regard d’autrui et rend les écarts de richesse plus visibles.Leur désaccord porte donc sur le progrès : Voltaire souligne les bienfaits du commerce et du plaisir, Rousseau demande ce qu’ils coûtent à la liberté et à l’égalité. Peut-on conserver la beauté et le savoir-faire du luxe sans encourager la compétition des apparences ?
