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Question d'oral
Comment Mandeville et Sombart justifient-ils le luxe économiquement ?
Réponse d'oral
Mandeville et Sombart justifient le luxe économiquement en montrant que les dépenses superflues peuvent créer des emplois, stimuler le commerce et favoriser le développement du capitalisme. Leur idée commune est simple : ce qui paraît inutile pour une personne peut avoir une utilité pour l’économie. Ils ne cherchent donc pas d’abord à prouver que le luxe rend moralement meilleur. Ils expliquent comment le désir de distinction des plus riches fait travailler d’autres personnes.Dans La Fable des abeilles, publiée en 1714, Mandeville défend un paradoxe : les « vices privés » peuvent produire des bénéfices publics. La vanité, l’orgueil ou le goût du confort poussent à dépenser. Un riche qui commande un habit somptueux donne ainsi du travail au tailleur, au fabricant de tissus et au marchand. La consommation de luxe entretient une chaîne d’activités et de revenus. Dans sa fable, lorsque les abeilles deviennent vertueuses et renoncent aux dépenses superflues, leur société perd sa prospérité. La sobriété individuelle ne garantit donc pas la richesse collective.Dans Luxe et capitalisme, paru en 1913, Sombart propose plutôt une explication historique. Selon lui, les dépenses des cours européennes, des aristocrates et des courtisanes ont contribué à l’essor du capitalisme. La demande de soieries, de bijoux ou de produits exotiques encourage le commerce lointain, la spécialisation des producteurs et l’organisation d’entreprises. Le luxe n’est donc pas seulement une conséquence de la richesse : il participe à sa création. Mais créer de l’activité suffit-il à justifier des dépenses qui restent réservées à une minorité ?
