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Question d'oral
Que critiquent Veblen, Bourdieu et Baudrillard dans le luxe ?
Réponse d'oral
Veblen, Bourdieu et Baudrillard critiquent dans le luxe moins la beauté des objets ou le talent des artisans que leur rôle social : afficher sa richesse, marquer les distances et acheter des signes de réussite. Pour Veblen, dans Théorie de la classe de loisir (1899), le luxe relève de la consommation ostentatoire. Il sert à montrer que l’on peut dépenser sans nécessité. Une montre extrêmement chère ne donne pas forcément mieux l’heure : son prix visible ou reconnu manifeste surtout la fortune de son propriétaire. Le gaspillage devient ainsi une preuve de prestige.Bourdieu, dans La Distinction (1979), insiste sur la distinction sociale. Les goûts ne sont pas seulement des préférences personnelles : ils dépendent aussi de l’éducation et du milieu social. Savoir reconnaître une coupe, une matière ou une maison discrète permet de se différencier. Le luxe ne fonctionne donc pas uniquement par l’étalage d’argent. Il repose aussi sur la maîtrise de codes qui séparent les initiés des autres et peuvent faire passer des privilèges sociaux pour une supériorité naturelle du goût.Baudrillard, dans La Société de consommation (1970), analyse la valeur-signe des objets. On achète un sac pour son usage, mais aussi pour l’image et le statut qu’il promet. Le désir se renouvelle sans cesse, car de nouveaux objets et de nouveaux codes apparaissent. Ces trois penseurs invitent donc à distinguer la qualité réelle du luxe de sa fonction de classement social. Peut-on aimer un bel objet sans chercher, même inconsciemment, à se placer au-dessus des autres ?
