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    Question d'oral

    L'Union européenne peut-elle sauver le multilatéralisme ?

    Réponse d'oral

    L’Union européenne peut contribuer à sauver le multilatéralisme, mais elle ne peut pas le faire seule : elle doit défendre les règles communes tout en acceptant de réformer les institutions internationales. Son intérêt est direct. Dans un monde dominé par les rapports de force américains et chinois, les Européens pèsent davantage ensemble que séparément. Leur propre construction repose sur une idée simple : mieux vaut négocier des règles durables que laisser le plus puissant imposer ses décisions.
    L’Union dispose de moyens importants : son marché, sa puissance commerciale, son aide au développement et son soutien financier aux organisations internationales. Elle peut aussi maintenir des coopérations quand Washington se retire. Exemple précis : en 2020, après le blocage de l’organe d’appel de l’OMC, elle a participé avec plusieurs partenaires, dont le Canada et la Chine, à un mécanisme provisoire d’arbitrage commercial. Cette solution ne remplace pas une réforme mondiale, mais elle empêche certains différends de rester sans issue. C’est un multilatéralisme d’action, fondé sur des résultats concrets.
    Cependant, ses divisions et sa dépendance militaire envers les États-Unis limitent son influence. Surtout, défendre les institutions ne doit pas signifier conserver les privilèges occidentaux. Pour rallier l’Inde, le Brésil ou les pays africains, l’Union doit soutenir une représentation plus équitable, notamment dans les institutions financières internationales, et appliquer les mêmes exigences juridiques à ses partenaires comme à ses adversaires. Elle peut donc être un moteur, non un sauveur solitaire. La question devient alors : les Européens sont-ils prêts à partager davantage le pouvoir pour préserver des règles communes ?