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    Question d'oral

    Mythe et religion : comment distinguer mythe, rite, religion civique et histoire sans tout mélanger ?

    Réponse d'oral

    Dans la mythologie romaine, le mythe est un récit qui donne du sens, le rite un geste codifié, la religion civique un ensemble de cultes organisés par la cité, et l’histoire une enquête critique sur le passé. Ces quatre dimensions se croisent, mais ne répondent pas à la même question. Le mythe explique pourquoi Rome existe et quelles valeurs elle défend. Le rite indique comment agir envers les dieux. La religion civique inscrit ces pratiques dans la vie collective. L’histoire cherche à établir ce qui s’est passé, à partir de témoignages et de vestiges confrontés entre eux.
    Prenons Romulus et Rémus. Leur récit donne à Rome des fondateurs et présente la limite de la ville comme inviolable : Rémus est tué après l’avoir franchie par défi. La fondation est traditionnellement datée de 753 avant notre ère, mais cette date n’est pas un fait démontré par l’archéologie. Le récit éclaire surtout la manière dont les Romains pensaient leur cité. Autre exemple : entretenir le feu de Vesta est un rite accompli par les Vestales. Puisque ce feu engage symboliquement la continuité de Rome, son entretien relève aussi de la religion civique.
    Il faut donc éviter deux erreurs : prendre chaque mythe pour un reportage, ou réduire la religion romaine à des histoires de dieux. Maintenir la pax deorum, la paix avec les dieux, exige surtout des pratiques correctement accomplies. L’historien étudie ces croyances sans avoir à confirmer leur vérité religieuse. Nos sociétés ne donnent-elles pas, elles aussi, une force collective à certains récits et cérémonies ?