Retour à la fiche
    Question d'oral

    Pourquoi la réforme du Conseil de sécurité est-elle impossible ?

    Réponse d'oral

    La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU est presque impossible parce qu’elle exige l’accord des grandes puissances dont elle pourrait réduire les privilèges. La Charte de San Francisco, signée le 26 juin 1945, fixe une règle très exigeante : toute modification doit être adoptée par les deux tiers de l’Assemblée générale, puis ratifiée par les deux tiers des États membres, dont les cinq membres permanents. Les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni peuvent donc chacun bloquer une réforme de la Charte. Ce verrou protège notamment leur droit de veto, qui leur permet d’empêcher l’adoption d’une résolution sur les questions de fond.
    Pourtant, la composition du Conseil reflète davantage le monde de 1945 que celui d’aujourd’hui. Aucun pays africain n’y possède de siège permanent. L’Inde, devenue le pays le plus peuplé du monde en 2023, n’en possède pas non plus. Mais les candidats ne font pas l’unanimité : le Pakistan s’oppose à la candidature indienne, tandis que la Chine conteste celle du Japon. Même parmi les partisans d’un élargissement, les désaccords persistent : combien de nouveaux sièges, pour quelles régions, avec ou sans veto ?
    Il faut donc parler de blocage politique, plutôt que d’impossibilité absolue. Une réforme a déjà porté le Conseil de onze à quinze membres en 1965, sans toucher aux privilèges des permanents. Aujourd’hui, le défi consiste à rendre cette institution plus représentative sans paralyser davantage ses décisions. Une organisation peut-elle durablement défendre la paix si sa légitimité repose sur un équilibre de puissance vieux de plusieurs générations ?