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    Question d'oral

    Quelle est la différence entre l'école de Chicago et les néo-brandeisiens en matière d'antitrust ?

    Réponse d'oral

    La différence entre l’école de Chicago et les néo-brandeisiens en matière d’antitrust tient au but donné à la lutte contre les monopoles : protéger surtout le consommateur pour la première, limiter aussi la concentration du pouvoir économique et politique pour les seconds. Influente aux États-Unis depuis les années 1970, l’école de Chicago considère qu’une grande entreprise n’est pas forcément dangereuse. Sa taille peut permettre de produire mieux et moins cher. Son critère central est le bien-être du consommateur, souvent évalué à travers les prix, mais aussi la production ou la qualité. Elle recommande donc une intervention limitée : il faut démontrer un dommage à la concurrence, plutôt que sanctionner la taille en elle-même.
    Les néo-brandeisiens reprennent l’inspiration du juge américain Louis Brandeis, adversaire des grandes concentrations au début du XXe siècle. Pour eux, des prix bas ne suffisent pas à prouver qu’un marché fonctionne bien. Une plateforme peut proposer un service gratuit tout en verrouillant l’accès au marché, en imposant ses conditions aux fournisseurs ou en accumulant une influence politique. Dans son article de 2017 consacré à Amazon, Lina Khan montre ainsi pourquoi une analyse centrée sur les prix peut manquer le pouvoir d’une plateforme sur les vendeurs qui en dépendent.
    En résumé, Chicago privilégie les effets économiques démontrables, tandis que les néo-brandeisiens défendent aussi une dispersion du pouvoir, quitte à séparer certaines activités. L’opposition reste nuancée : Chicago n’accepte pas tous les monopoles, et ses adversaires ne condamnent pas toute grande entreprise. L’antitrust doit-il seulement rendre les marchés efficaces, ou aussi protéger la démocratie ?