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    Question d'oral

    Faut-il inventer de nouveaux prix (climat, IA, sciences sociales) ou réformer les Nobel existants ?

    Réponse d'oral

    Il faut surtout réformer les Nobel existants, tout en créant quelques nouveaux prix pour le climat, l’IA ou les sciences sociales lorsque ces domaines restent mal représentés. Les prix Nobel reposent sur le testament d’Alfred Nobel, rédigé en 1895, et sont décernés depuis 1901. Leurs cinq catégories historiques reflètent les préoccupations de cette époque. Elles ne couvrent donc pas parfaitement les défis actuels. Mais multiplier les distinctions risque de brouiller leur sens : une découverte sur le climat peut déjà relever de la physique, de la chimie ou de la paix.
    La priorité serait de mieux reconnaître la recherche collective et la diversité des parcours. Les Nobel scientifiques récompensent au maximum trois personnes par prix, alors que de grandes découvertes mobilisent parfois des centaines de chercheurs. Il faudrait aussi rendre plus visibles les contributions longtemps négligées, notamment celles des femmes. Marie Curie, récompensée en physique en 1903 puis en chimie en 1911, reste une exception frappante. Réformer ne signifie pas abaisser l’exigence, mais mieux représenter la manière dont les connaissances progressent réellement.
    Des prix complémentaires peuvent néanmoins être utiles. Le prix d’économie, créé en 1968 par la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, montre qu’un ajout est possible sans appartenir au testament initial. Un prix consacré à l’IA pourrait valoriser autant la sécurité et l’utilité sociale que la performance technique. Car ces distinctions distribuent plus que de l’argent : elles orientent l’attention mondiale et renforcent le prestige des institutions. La vraie question devient alors celle du progrès que nous souhaitons encourager.