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    Question d'oral

    Ces expériences seraient-elles possibles aujourd'hui ?

    Réponse d'oral

    Les expériences de Milgram, d’Asch et de Zimbardo ne seraient pas toutes possibles aujourd’hui sous leur forme originale, car la psychologie sociale doit respecter des règles éthiques plus strictes. Un comité d’éthique examine les risques avant le lancement d’une recherche. Les participants doivent recevoir une information suffisante, pouvoir arrêter sans pression et être protégés contre une détresse excessive. Une tromperie reste parfois admise si elle est indispensable, limitée et suivie d’explications. Le consentement éclairé n’impose donc pas toujours de dévoiler d’avance l’objectif exact, mais interdit de cacher des risques importants.
    Chez Asch, les participants devaient comparer des longueurs de lignes face à un groupe donnant volontairement une mauvaise réponse. Cette étude du conformisme, menée en 1951, pourrait encore être adaptée, avec des précautions contre l’humiliation. Chez Milgram, les participants croyaient administrer des décharges électriques allant jusqu’à 450 volts sur ordre d’un expérimentateur. Reproduire ce protocole à l’identique serait très difficile à faire accepter. En 2009, Jerry Burger en a publié une réplication partielle, arrêtée au seuil de 150 volts, avec une sélection et une surveillance renforcées.
    Quant à la prison simulée de Zimbardo, organisée à Stanford en 1971, ses conditions coercitives et la détresse provoquée la rendraient aujourd’hui très probablement inacceptable. Sa valeur scientifique est aussi contestée, notamment parce que les consignes données aux gardiens ont pu orienter leurs conduites. Ces expériences éclairent le pouvoir des situations, sans prouver que chacun obéit automatiquement. Le défi reste donc de comprendre nos vulnérabilités sans les exploiter chez ceux qui acceptent de participer.