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Question d'oral
Le roman graphique est-il une catégorie utile ?
Réponse d'oral
Le roman graphique est une catégorie utile pour distinguer certains récits de bande dessinée, mais il ne désigne ni un art différent ni une bande dessinée forcément supérieure. Il évoque généralement un récit long, publié en volume, qui développe une histoire suivie, parfois autobiographique ou documentaire. Cette appellation aide les lecteurs et les libraires à se repérer. Elle a aussi contribué à faire reconnaître que la bande dessinée pouvait parler aux adultes et aborder tous les sujets.En 1978, Will Eisner publie Un pacte avec Dieu, un recueil de récits sur la vie dans un quartier populaire de New York. Cet ouvrage contribue à populariser l’expression « graphic novel ». Autre exemple : Maus, d’Art Spiegelman, récompensé par un prix Pulitzer spécial en 1992, raconte la persécution des Juifs d’Europe à travers le témoignage du père de l’auteur. Pourtant, ces œuvres utilisent le même langage que les albums ou les mangas : des cases, des images organisées en séquence et des ellipses, que le lecteur comble mentalement.La catégorie devient donc trompeuse lorsqu’elle sert de label de prestige. Un album court peut être aussi complexe qu’un ouvrage de trois cents pages. Un manga peut raconter une expérience intime aussi finement qu’un récit présenté comme un roman graphique. D’ailleurs, la frontière reste floue : quelle longueur, quel format ou quel public suffiraient à la fixer ? L’expression est surtout utile comme repère éditorial, pas comme classement de valeur. La vraie question est peut-être moins de savoir comment nommer ces livres que de comprendre ce que leurs images nous permettent de raconter.
