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    Question d'oral

    La Révolution est-elle un « bloc » (Clemenceau) ou a-t-elle « dérapé » (Furet) ?

    Réponse d'oral

    La Révolution française peut être comprise comme un « bloc » par son héritage, mais ses ruptures permettent aussi de discuter l’idée d’un « dérapage ». Lorsque Clemenceau affirme en 1891 que « la Révolution est un bloc », il défend un héritage républicain qu’il refuse de découper entre bons et mauvais épisodes. Cela ne signifie pas que tout se ressemble entre 1789 et 1799. En revanche, la prise de la Bastille, l’abolition des privilèges et la République participent à une même rupture avec l’Ancien Régime : désormais, le pouvoir doit venir de la nation, non de la naissance.
    L’idée de dérapage oppose généralement les libertés de 1789 à la violence de 1793. Mais attention : François Furet ne se contente pas de raconter une bonne Révolution devenue mauvaise par accident. Il critique justement l’explication qui fait de la Terreur une simple réponse aux circonstances. Il souligne aussi une logique politique : prétendre incarner seul la volonté du peuple peut conduire à traiter tout adversaire comme un ennemi. La guerre extérieure, commencée le 20 avril 1792, et les révoltes intérieures restent toutefois essentielles pour comprendre cette radicalisation, sans la justifier.
    Il faut donc distinguer les phases sans les isoler. La Déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789 proclame la liberté ; la loi des suspects du 17 septembre 1793 permet d’emprisonner très largement les ennemis supposés de la Révolution. Cette tension interdit aussi bien la célébration aveugle que la condamnation globale. Le coup d’État de Bonaparte, le 18 brumaire, pose finalement une question toujours vivante : comment préserver les acquis d’une révolution sans sacrifier la liberté au nom de leur défense ?