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    Question d'oral

    Comment le dessin peut-il faire du journalisme ?

    Réponse d'oral

    Le dessin peut faire du journalisme en racontant des faits vérifiés grâce à des images, des témoignages et une enquête de terrain : c’est le reportage dessiné. Le journaliste dessinateur observe, interroge et confronte ses informations, comme n’importe quel reporter. Mais il choisit ensuite des cases, des cadrages et des dialogues pour transmettre ce qu’il a découvert. Dans Palestine, publié à partir de 1993, Joe Sacco raconte ainsi ses rencontres dans les territoires palestiniens occupés. Il se représente lui-même en train d’enquêter : le lecteur comprend comment l’information a été recueillie, et depuis quel point de vue.
    Le dessin possède une force particulière : il peut rendre visibles des événements passés, des souvenirs ou des lieux où aucune caméra n’était présente. Il permet aussi de ralentir le regard sur un visage ou une situation quotidienne. Mais cette liberté impose une exigence de vérification : une scène reconstituée ne doit pas passer pour une observation directe. Il faut distinguer les faits établis, les paroles rapportées et les interprétations. Montrer son point de vue ne dispense donc jamais de rechercher l’exactitude.
    La BD du réel dépasse toutefois le journalisme. Maus d’Art Spiegelman repose notamment sur le témoignage de son père, survivant de la Shoah. Persepolis de Marjane Satrapi et L’Arabe du futur de Riad Sattouf racontent des enfances traversées par l’histoire politique. Ces œuvres relèvent surtout de la mémoire et de l’autobiographie, même si elles éclairent le monde. Le roman graphique, lui, désigne un format de récit, pas une garantie de vérité. Finalement, un dessin qui assume sa construction ne peut-il pas parfois mieux informer qu’une image présentée comme évidente ?