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    Question d'oral

    Le reportage dessiné est-il plus ou moins fiable qu'une photographie ?

    Réponse d'oral

    Le reportage dessiné n’est pas, par nature, plus ou moins fiable qu’une photographie : sa fiabilité dépend surtout de l’enquête, du contexte et de l’honnêteté de son auteur. Une photographie enregistre ce qui se trouve devant un objectif à un instant précis. Elle constitue donc une trace, mais pas une vérité complète. Le cadrage peut exclure un élément essentiel ; une légende trompeuse peut changer le sens de la scène. Le dessin, lui, affiche immédiatement une interprétation. Il ne prouve pas, à lui seul, qu’un événement s’est déroulé exactement comme il le représente.
    Pourtant, le reportage dessiné peut rendre le réel plus compréhensible. Dans Palestine, publié initialement à partir de 1993, Joe Sacco s’appuie sur une enquête de terrain et des témoignages. Il se représente lui-même en train de poser des questions. Le lecteur voit ainsi comment se construit le récit. Le dessin permet aussi de raconter des événements passés, sans photographie disponible. Mais il faut distinguer ce que le reporter a observé de ce qu’il reconstitue d’après les paroles d’un témoin. Une scène dessinée très précise peut donner une impression de certitude injustifiée.
    Le bon critère n’est donc pas seulement le support, mais la méthode : croiser les témoignages, vérifier les faits, signaler les incertitudes. Dans Le Photographe, d’Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier, dessins et photographies se complètent pour raconter une mission humanitaire en Afghanistan en 1986. Plutôt que de choisir l’image qui paraît la plus vraie, ne faut-il pas apprendre à regarder comment elle nous informe ?