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    Question d'oral

    Le trickster est-il un “méchant” ou un éducateur paradoxal ? Justifie avec deux exemples.

    Réponse d'oral

    Le trickster n’est pas simplement un « méchant » : c’est souvent un éducateur paradoxal, qui révèle les règles et leurs limites en les transgressant. Cette figure de rusé, parfois divine ou animale, trompe, vole et bouscule l’ordre établi. Mais ses intentions ne sont pas forcément pédagogiques : il cherche surtout son avantage ou son plaisir. C’est le récit qui instruit, en montrant les conséquences de ses tours. Il faut donc distinguer la morale du personnage de ce que ses aventures nous apprennent.
    Dans l’Hymne homérique à Hermès, le dieu, à peine né, vole les vaches d’Apollon et brouille leurs traces. Voilà un comportement de voleur, non de sage ! Pourtant, le conflit débouche sur un échange : Hermès donne à Apollon la lyre qu’il a inventée et obtient sa réconciliation. La ruse conduit ici à la création et à la négociation. Le récit montre qu’un désordre peut produire un nouvel équilibre. À l’inverse, dans la mythologie nordique, Loki provoque la mort de Baldr en faisant lancer par le dieu aveugle Hödr du gui, seule chose capable de le blesser. Son intelligence devient destructrice : toute transgression n’est donc pas féconde.
    Ces deux exemples empêchent de transformer le trickster en héros bienveillant. Il incarne une ambivalence : inventeur de solutions, mais aussi fabricant de catastrophes. Dans le prolongement du regard de Roland Barthes sur les mythes, on peut se demander quelles valeurs ces histoires rendent évidentes : l’échange chez Hermès, les dangers de la tromperie chez Loki. Une société peut-elle apprendre à se remettre en question sans raconter ceux qui dérangent ses règles ?