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    Question d'oral

    Comment expliquer l'antibiorésistance et pourquoi les laboratoires ne développent-ils plus d'antibiotiques ?

    Réponse d'oral

    L’antibiorésistance s’explique par la sélection de bactéries capables de survivre aux antibiotiques ; les laboratoires développent encore de nouveaux antibiotiques, mais trop peu, notamment parce que leur recherche est difficile et peu rentable. Ce n’est donc pas le corps qui devient résistant : ce sont les bactéries. Certaines possèdent ou acquièrent des mécanismes de défense, puis se multiplient quand les bactéries sensibles sont éliminées. Elles peuvent aussi transmettre leurs gènes de résistance. L’usage excessif ou inadapté des antibiotiques accélère cette sélection. Par exemple, prendre un antibiotique contre une grippe, causée par un virus, ne soigne pas la maladie et favorise inutilement les résistances.
    L’approche « Une seule santé » permet de comprendre pourquoi le problème dépasse l’hôpital. Les bactéries résistantes circulent entre humains, animaux et environnement, notamment par les contacts, les aliments et les eaux usées. L’utilisation d’antibiotiques en élevage et les rejets polluants contribuent ainsi au phénomène. En 2019, environ 1,27 million de décès dans le monde étaient directement attribuables à la résistance bactérienne aux antibiotiques.
    Pourquoi si peu de nouveaux traitements ? Trouver une molécule efficace, sans toxicité excessive, exige des années de recherche, avec beaucoup d’échecs. Surtout, le modèle économique est défavorable : un antibiotique se prend généralement quelques jours, contrairement à un traitement chronique. Les nouveaux produits doivent aussi être réservés aux situations difficiles pour préserver leur efficacité, ce qui limite leurs ventes. Des financements publics et une rémunération indépendante des volumes vendus pourraient relancer l’innovation. Comment récompenser la découverte d’un médicament dont la réussite consiste justement à limiter l’usage ?