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    Question d'oral

    La Ve République est-elle une « monarchie républicaine » ?

    Réponse d'oral

    La Ve République peut être qualifiée de « monarchie républicaine » parce qu’elle place le président au centre du pouvoir, mais celui-ci reste élu et soumis à des contre-pouvoirs. Fondée par la Constitution du 4 octobre 1958, elle répond à la volonté de Charles de Gaulle de sortir de l’instabilité gouvernementale. Le chef de l’État nomme le Premier ministre, peut dissoudre l’Assemblée nationale et recourir au référendum. La réforme de 1962, qui instaure son élection au suffrage universel direct, renforce sa légitimité face aux parlementaires. Comme un monarque, il incarne la continuité de l’État ; contrairement à un roi, il exerce un mandat limité.
    Cette image devient particulièrement juste lorsque le président dispose d’une majorité fidèle à l’Assemblée : c’est le fait majoritaire. Il peut alors orienter largement la politique du gouvernement. Le quinquennat, adopté en 2000, puis les élections législatives organisées après la présidentielle depuis 2002 ont renforcé cette domination. Toutefois, la cohabitation révèle une autre logique. Entre 1986 et 1988, François Mitterrand reste président, mais Jacques Chirac, Premier ministre soutenu par la majorité parlementaire, dirige la politique intérieure.
    La formule décrit donc une pratique du pouvoir plutôt que la nature juridique du régime. Le gouvernement demeure responsable devant l’Assemblée, le Conseil constitutionnel contrôle les lois et les électeurs peuvent sanctionner les dirigeants. En 1969, de Gaulle quitte ainsi le pouvoir après l’échec de son référendum. La dissolution décidée par Emmanuel Macron en juin 2024 rappelle aussi qu’un président ne maîtrise pas le verdict des urnes. L’enjeu est donc de savoir comment conserver un exécutif efficace sans réduire la place du débat démocratique.