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Question d'oral
La dissolution de 2024 marque-t-elle une crise du régime ?
Réponse d'oral
La dissolution de 2024 marque une crise de fonctionnement de la Ve République, mais pas nécessairement une crise du régime lui-même. Le 9 juin 2024, après la victoire du Rassemblement national aux élections européennes, Emmanuel Macron dissout l’Assemblée nationale grâce à l’article 12 de la Constitution. Il cherche une clarification politique. Pourtant, les élections législatives des 30 juin et 7 juillet produisent une Assemblée divisée en trois grands blocs, sans majorité absolue. La dissolution accentue donc l’incertitude au lieu de la résoudre.Cette situation fragilise le fait majoritaire, c’est-à-dire l’existence d’une majorité parlementaire stable soutenant le gouvernement et, généralement, le président. Depuis 1962, cette configuration a souvent permis au chef de l’État de diriger la politique nationale. Mais la Constitution prévoit aussi un gouvernement responsable devant l’Assemblée. Le 4 décembre 2024, la censure du gouvernement de Michel Barnier le rappelle brutalement : un président puissant ne peut pas garantir seul la survie d’un gouvernement. Ce n’est pas une cohabitation classique, puisqu’aucune majorité d’opposition cohérente ne s’impose.Il faut donc distinguer l’instabilité gouvernementale de l’effondrement des institutions. Les élections ont eu lieu, le Parlement exerce ses pouvoirs et les règles constitutionnelles continuent de s’appliquer. En revanche, l’absence de majorité oblige à négocier des compromis, une pratique peu valorisée par la présidentialisation du régime. La crise devient plus profonde si les citoyens jugent durablement leurs institutions incapables d’agir ou de les représenter. La Ve République doit-elle alors changer de Constitution, ou surtout apprendre à fonctionner autrement ?
