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    Question d'oral

    Pourquoi le protocole de Montréal a-t-il réussi là où le climat échoue ?

    Réponse d'oral

    Le protocole de Montréal a réussi à protéger la couche d’ozone parce qu’il ciblait des substances remplaçables dans quelques secteurs industriels, tandis que la lutte contre le changement climatique exige de transformer presque toute l’économie mondiale. Adopté en 1987, il organise l’élimination des CFC, utilisés notamment dans les réfrigérateurs et les aérosols. Le danger est alors très concret : le « trou » dans la couche d’ozone, révélé au-dessus de l’Antarctique en 1985, menace la protection contre les rayons ultraviolets. Des solutions de remplacement deviennent disponibles, et les industriels peuvent adapter leurs produits sans abandonner leur activité.
    Cette réussite tient aussi à des engagements contraignants, assortis de calendriers précis et de restrictions commerciales avec les pays non participants. Créé en 1990, un fonds multilatéral finance la transition des pays en développement. Le partage des efforts devient donc plus acceptable. Résultat : près de 99 % des substances réglementées qui détruisent l’ozone ont été éliminées. Si les politiques actuelles se poursuivent, la couche d’ozone devrait retrouver ses niveaux de 1980 vers 2040 à l’échelle mondiale, plus tard au-dessus de l’Antarctique.
    Pour le climat, le charbon, le pétrole et le gaz structurent les transports, l’industrie, le chauffage et les revenus de nombreux États. Les intérêts opposés sont donc beaucoup plus puissants. L’accord de Paris de 2015 repose sur des engagements nationaux sans sanction pour leur non-respect. Il ne constitue pas un échec total, mais reste insuffisant. Montréal montre surtout qu’un accord fonctionne mieux lorsque les solutions techniques, les financements et les obligations avancent ensemble. La question est donc de savoir comment réunir ces conditions à l’échelle de toute l’économie.