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Question d'oral
Pourquoi la Libye a-t-elle discrédité la responsabilité de protéger ?
Réponse d'oral
La Libye a discrédité la responsabilité de protéger parce que l’intervention de 2011, autorisée pour protéger les civils, a été perçue comme un moyen de renverser Mouammar Kadhafi. Adopté à l’ONU en 2005, ce principe affirme que chaque État doit protéger sa population contre les atrocités de masse. Si cet État échoue manifestement, la communauté internationale peut agir collectivement, avec l’autorisation du Conseil de sécurité lorsqu’il s’agit d’employer la force. Ce n’est donc pas un droit général d’ingérence militaire : la souveraineté reste la règle, mais elle implique aussi une responsabilité envers les populations.Le 17 mars 2011, la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorise « toutes mesures nécessaires » pour protéger les civils menacés, notamment à Benghazi, tout en excluant une occupation étrangère. La Russie et la Chine s’abstiennent. Mais les opérations conduites par l’OTAN contribuent à la victoire des insurgés et à la chute du régime. Pour plusieurs États, le mandat de protection a ainsi glissé vers un changement de régime, que la résolution n’autorisait pas explicitement. La fragmentation de la Libye, les violences et les guerres qui suivent renforcent ensuite le doute : protéger immédiatement ne suffit pas à garantir une paix durable.L’épisode a donc surtout brisé la confiance entre grandes puissances. La Russie et la Chine ont invoqué ce précédent pour refuser de nouvelles autorisations comparables, notamment en Syrie, même si leurs intérêts stratégiques comptaient aussi. La responsabilité de protéger n’a pas disparu, mais sa mise en œuvre est devenue plus difficile. Comment protéger une population sans transformer sa protection en instrument de puissance ?
